Les chantiers
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Défense et sécurité : le chef de l’Etat fixe le capNicolas Sarkozy a dévoilé, le 17 juin, les conclusions du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, devant 3 000 militaires rassemblés Porte de Versailles. Ce nouveau Livre blanc définit les choix stratégiques de la France pour les quinze prochaines années.
Le choix de lier sécurité nationale et défense. Depuis l’effondrement du bloc soviétique et les attentats du 11 septembre 2001, les menaces sont devenues plus diffuses et multiples - cyberterrorisme, prolifération nucléaire, crises sanitaires. Elles exigent une meilleure coordination entre les forces de sécurité extérieures et intérieures. L’objectif est donc de réunir et de coordonner plusieurs politiques publiques : défense, sécurité intérieure, diplomatie et économie. Un Conseil de défense et de sécurité national est créé, qui prendra en compte globalement les questions de sécurité. Il réunira sous l’égide du président de la République le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, les ministres de l’Intérieur, de la Défense, de l’Economie et du Budget. Il pourra se réunir en formations spécialisées La stratégie de sécurité nationale s’articule autour de cinq fonctions stratégiques : la connaissance et l’anticipation, la prévention, la dissuasion, la protection et l’intervention. La combinaison de ces cinq fonctions doit être souple et pouvoir évoluer au fil du temps, en s’adaptant aux modifications de l’environnement stratégique. Le Livre blanc sera régulièrement actualisé avant chaque nouvelle loi de programmation militaire ou de sécurité intérieure. Vers un renforcement des activités de renseignement. Le Livre blanc met l’accent sur les nouvelles fonctions "connaissance et anticipation"
Les nouveaux formats des forces armées.
Les moyens. La France consacrera à sa défense un effort financier majeur et cohérent avec les choix retenus pour ses capacités militaires. Les crédits de défense ne baisseront pas. Dans un premier temps, les ressources annuelles (hors charges de pension) seront maintenues en volume, c’est-à-dire croissant au rythme de l’inflation. Elles pourront comporter des ressources exceptionnelles. Dans un second temps, dès l’année 2012, le budget sera accru au rythme de 1 % par an, en volume, c’est-à-dire de 1% en plus de l’inflation. D’ici à 2020, l’effort total consenti pour la défense, hors pensions, s’élèvera à 377 milliards d’euros. En parallèle, les restructurations se traduiront par une diminution importante des effectifs sur six à sept ans et une réduction des coûts de fonctionnement du ministère et des armées. Les marges qui seront dégagées seront intégralement réinvesties au profit de la condition du personnel, mais surtout au profit du budget d’équipement qui passera de 15,2 milliards d’euros en 2008 à 18 milliards d’euros en moyenne par an pour la période 2009-2020. La protection des populations, une priorité. L’objectif est de protéger la nation face à des crises de grande ampleur, tout en augmentant sa capacité de "résilience". Celle-ci se définit comme la "capacité des pouvoirs publics et de la société française à répondre à une crise majeure et à rétablir rapidement leur fonctionnement normal". Renforcer la résilience exige de faire évoluer les moyens et les méthodes de surveillance des espaces nationaux, dans leur dimension terrestre, maritime, aérienne et désormais spatiale, et de développer une capacité de réaction plus rapide et plus large des pouvoirs publics. Le dispositif de communication, d’information et d’alerte de la population sera placé au centre de la préparation et de la gestion des crises. Nouveauté importante, des objectifs opérationnels sont assignés conjointement, désormais, aux moyens de sécurité intérieure et de sécurité civile, ainsi qu’aux forces armées pour ces missions de protection. Les capacités de prévention des conflits et d’intervention. Le Livre blanc préconise leur concentration sur un axe géographique prioritaire, allant de l’Atlantique jusqu’à la Méditerranée, au Golfe arabo-persique et à l’océan Indien. Cet axe correspond aux zones où les risques impliquant les intérêts stratégiques de la France et de l’Europe sont les plus élevés. Il permet aussi de prendre en compte l’importance croissante de l’Asie pour la sécurité internationale et favorise des actions de présence et de coopération dans cette direction à partir de l’océan Indien. Parallèlement, la France conservera une capacité de prévention et d’action sur les façades occidentale et orientale du continent africain, ainsi que dans la bande sahélienne, notamment pour lutter contre les trafics ou les actes de terrorisme. Les armées disposeront aussi de moyens importants dans la zone Antilles-Guyane, au bénéfice du Centre spatial de Kourou et de la lutte contre les narco-trafics. La gendarmerie nationale et la sécurité civile seront renforcées dans les Dom-Com. La dissuasion nucléaire. Elle a pour seule fonction d’empêcher une agression extérieure contre les intérêts vitaux du pays. La France doit disposer, de façon indépendante, d’une gamme d’options suffisamment large et de moyens suffisamment diversifiés : missile balistique et missile aéroporté. La France a pris et continuera de prendre des initiatives dans le domaine du désarmement nucléaire. Elle sera particulièrement active dans la lutte contre la prolifération des armes nucléaires, biologiques et chimiques, ainsi que des missiles susceptibles de les emporter. L’ambition européenne. Elle constitue une priorité. Faire de l’Union européenne un acteur majeur de la gestion des crises et de la sécurité internationale est une composante centrale de la politique de sécurité. La France souhaite que les Européens se dotent des capacités militaires et civiles correspondantes. Renforcer la place de la France dans l’Otan. Le Livre blanc souligne la complémentarité entre l’Union européenne et l’Alliance atlantique. La France s’engagera en faveur de la rénovation de l’Otan, notamment à l’occasion du 60e anniversaire de l’Alliance qui aura lieu en 2009. La France participera pleinement aux structures de l’Organisation atlantique. Ce mouvement ira de pair avec le renforcement de l’Union européenne dans le domaine de la gestion des crises et la recherche d’un nouvel équilibre entre Américains et Européens au sein de l’Organisation. En ce qui concerne la place de la France, le Livre blanc rappelle trois principes à respecter, dans la continuité de ceux fixés par le général de Gaulle : l’indépendance complète de nos forces nucléaires ; la liberté d’appréciation des autorités françaises, qui implique une absence d’automaticité dans nos engagements militaires et le maintien des moyens de l’autonomie stratégique, notamment par l’accroissement de nos capacités de renseignement ; enfin, la liberté permanente de décision, qui suppose qu’aucune force française ne soit placée en permanence, en temps de paix, sous le commandement de l’Otan. |
Les actions du gouvernement
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| Màj : 08/01/2009, 14:02