Croissance
Imprimer cette page 6-11-2008 12:04
Christine Lagarde. Photo : AFP

La France révise ses prévisions de croissance et de déficit face à la crise

La crise financière a conduit la France à revoir à la baisse ses prévisions de croissance pour l’an prochain, désormais attendue entre 0,2 % et 0,5 %.

La France table désormais sur une croissance comprise "dans une fourchette de 0,2 % et 0,5 %" en 2009 contre 1 % auparavant, avec un budget bâti sur une prévision de 0,5 % de croissance, a déclaré le 6 novembre Christine Lagarde, lors d’une intervention au Sénat.

Pour 2010, la France prévoit une croissance de 2 % contre 2,5 % auparavant. Ensuite, elle s’attend à "un retour à une croissance de l’activité à 2,5 % en 2011 et 2012".

Cette nouvelle prévision est "responsable, exceptionnelle comme la situation l’exige mais lucide", a ajouté Christine Lagarde, soulignant qu’elle était "la plus basse jamais retenue par un gouvernement en France".

La France a procédé à cette révision pour tenir compte de l’aggravation de la crise financière dont les effets "commencent à se faire sentir et vont perdurer pendant plusieurs trimestres", a expliqué la ministre. Cette crise "laissera sur les économies des séquelles durables", a-t-elle précisé.

La France a aussi revu à la baisse sa prévision d’inflation en 2009, à 1,5 % contre 2 % prévu dans le budget, pour tenir compte de la baisse des prix des matières premières, ainsi que sa prévision de taux de change : elle table désormais sur un euro à 1,33 dollar l’an prochain contre 1,45 auparavant. Les conséquences de la crise financière "l’emporteront sur les effets positifs" induits par la baisse de l’inflation et du cours de l’euro, a déclaré Christine Lagarde.

"La crise financière actuelle est une crise des abus, des excès, des excès de crédit, d’endettement, de complexité, de cupidité, d’irrationalité", a également déclaré la ministre.

Prévision de déficit public à 3,1 % en 2009

Le déficit public, initialement prévu à 2,7 % de PIB en 2009 est, lui, revu à la hausse à 3,1 % de PIB, a annoncé le ministre du Budget, Eric Woerth, devant le Sénat. Pour 2008, Eric Woerth a dit s’attendre à "un peu plus de 3 milliards de recettes en moins" que ce qui était prévu et tabler désormais sur un déficit à 2,9 % du PIB contre 2,7 % auparavant.

En 2009, "nous n’augmenterons pas le poids global des impôts même si les recettes publiques venaient à fléchir", a réaffirmé Christine Lagarde.

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